Radiohead, The Wombats : Arras, Main Square Festival – Sound Of Violence – J’y étais!!!

Article obtenu sur le site http://www.soundofviolence.net par Rachel

Radiohead, The Wombats : Arras, Main Square Festival

Une programmation de folie pour un lieu mythique. Le week-end dernier, le choix était difficile parmi tant de festivals, mais s’il fallait n’en conserver qu’un, c’était celui-ci. Avec Vampire Weekend, The Wombats, The Do, Sigur Ros et Radiohead réunis sur une seule et même scène, la journée s’annonçait forte en émotions.

C’est avec Vampire Weekend que la Grand’ Place d’Arras s’échauffe. Un premier concert un peu difficile, avec un public dissipé et peu réceptif. Pourtant les musiciens se donnent à fond, bien qu’ils ne semblent pas forcément à l’aise. Un concert agréable dans l’ensemble, durant lequel les Vampire Weekend proposent gentiment leurs titres à un public un peu trop fermé et venu soutenir les deux têtes d’affiche. Entre deux averses, The Wombats s’installent et entament un set prometteur. Tous trois réunis devant le micro central, les anglais proposent des envolées lyriques assez intrigantes. Le public semble se réveiller et chante. Les guitares sont saturées, la telecaster bleue kitsch fleurie du chanteur crache des larsens maîtrisés pour le plaisir de nos oreilles et de nos yeux. Puis vient le tour d’une autre telecaster dont le chanteur vantera les mérites : “It’s the same as Jonny Greenwood…”. Un set entraînant, avec des titres comme Moving To New York et Let’s Dance To Joy Division qui mettront complètement le feu au public.

Enfin, The Do débarque. La chanteuse marque toute son originalité dans un style vestimentaire quelque peu expérimental alors que son compagnon de scène se défoule sur une armada de claviers, xylophones et autres instruments, et que le batteur est entouré de clefs, casseroles et autre percussions toutes aussi originales. Olivia Bouyssou Merilahti, au timbre magnifique, nous emporte avec des titres comme Aha ou The Bridge Is Broken ainsi que le désormais classique On My Shoulders. Malgré cela, des lignes de basse et de chant bien trop répétitives rendent ce concert étourdissant, et c’est quelque peu déçu par le public peu attentif et réceptif que le groupe laisse sa place. Le matériel de Sigur Ros est alors installé sur la scène : un ensemble d’instruments au sommet de la technologie pour certains et très anciens pour d’autres, qui donne ce son et cette ambiance si particulière. Le vent se lève sur Arras au son de cette musique et de ce chant qui envoûtent, donnant une impression de fraîcheur. Le batteur est précis et carré sur des contre-temps chaotiques, tout semble couler de source à la manière d’un batteur jazz. Quelques sourires échangés, une mise en scène colorée et originale… de quoi ravir les yeux, et les oreilles avec des rythmes percutants pour se faire posséder. Un set parfait pour ce grand groupe Islandais. Leur réputation n’est plus à faire.

S’en suit le concert de Radiohead dans des conditions de festival avec une fosse plutôt agitée, mais néanmoins un vrai set avec deux rappels. Le concert débute sur 15 Steps marqué par la petite danse agitée de Thom, avant une setlist rêvée. On notera surtout A Wolf At The Door, Climbing Up The Walls ou Dollars And Cents, des titres rarement joués sur la tournée française. Le groupe est à l’aise et Jonny Greenwood jette de longs regards percutants vers le public… de quoi ravir les groupies qui hurlent son prénom.
Jonny et Thom, en duo, rigolent de leurs deux faux départs sur Faust Arp, puis Thom prends sa guitare pour un moment intime sur Exit Music (For A Film), seul face au public, qui en profite pour se faire entendre justement. Thom demande gentiment le silence : “Please shut up now !”. Un extrait de The Eraser avec Cymbal Rush où Thom s’installe seul au piano. On notera malgré tout la voix fatiguée de Thom, même si le concert n’a jamais baissé en intensité et que le bonheur d’être présent ce soir est entièrement partagé.

La soirée se termine alors sur Street Spirit (Fade Out), un titre que, peu après dans les rues d’Arras, alors que le public se disperse, on entend encore raisonner à certains coins de rue…

Rachel